LA PURIFICATION الطهارة


LA PURIFICATION       
الطهارة 

          L’impureté est de deux sortes;         

- « hadate »  (celle du corps) 

- « khabate »  (celle de ce qui a autour du corps c’est à dire l’habit et le lieu).          

La purification du corps est de deux types; la petite et la grande, (autrement dit « les ablutions » et « le bain rituel »).                   

On utilise l’eau comme moyen de purification du corps (Tahara hadate). On pourra pratiquer le « Tayammoum » (voir chapitre 3) dans le cas où l’eau pure n’est pas trouvable ou bien qu’on ne peut pas l’utiliser. L’eau est considérée comme impure si son goût, sa couleur ou son odeur a changé (sauf si cela s’est fait naturellement comme par exemple l’eau gazeuse ou encore l’eau de mer). 

1   -  les ablutions

2  -  le « Tayammoum »



les ablutions

les ablutions (Lodho) 

On notera deux familles d’ablutions, une première qui nous permettra de pratiquer toute adoration et une autre qui n’autorisera que ce pourquoi nous avons fait ces ablutions. 

Moyen mnémotechnique :        س ن ق ت م     et   س ن ر ج ع ك م     

 

Première famille : س ن ر ج ع ك م     

س : Istisqaa : La prière de demande de la pluie. 

ن : Nawafil : Les prières surérogatoires. 

ر : Rak3at attawaf : La prière de la circombulation. 

ج : Janaza : La prière pour le mort. 

ع : Al 3idayne :La prière des deux fêtes : aïd alfitr et aïd al adha. 

ك : Koussouf : La prière de l’éclipse. 

م : Mosshafe : Coran (pour le toucher ou le lire). 

 

Deuxième famille :      س ن ق ت م      

س : Souk et Sultan : pour aller au marché ou aller voir un gouverneur. 

 ن : Nawm, avant d’aller dormir. 

ق : Kiraa, la récitation du coran ou de dikr

ت: Tabarrod : pour se rafraîchir lorsqu’il fait chaud. 

م : Masjid : pour entrer dans une mosquée pour récupérer quelque chose ou voir quelqu’un … 

1.1 La manière de faire (alsifa) 

·           Prononcer au nom de Dieu (Bismillahi) en ayant l’intention. 

·           Se laver les mains trois fois. 

·           Se laver la bouche trois fois 

·           Se laver les narines trois fois en aspirant de l’eau et en la rejetant à chaque reprise 

·           Se laver le visage trois fois 

·           Se laver les mains et les bras jusqu’aux coudes à trois reprise (en commençant par la droite) 

·           Passer ses mains mouillées sur le crâne d’avant en arrière puis d’arrière en avant. 

·           S’essuyer les oreilles après avoir remouillé ses mains. 

·           Se laver le pied droit puis le pied gauche. 

 

1.2 Les obligations (Alfaraïd) 

Elles sont au nombre de 7

1. L’intention: (nia), c’est l’obligation première à réaliser. Elle peut être soit pour se retirer de l’état d’impur soit pour avoir l’accès au Coran ou bien pour faire la prière. On notera au passage qu’il est préférable de ne pas dire « Nia lodho »  pour marquer cette obligation; (qui veut dire littéralement: « intention pour l’ablution »). 

         2. Le frottement: (dalk) C’est le passage de la main sur les parties du corps tout en frottant (éviter un appui excessif et des répétitions excessives). 

         3. La continuité: (alFawr); c’est à dire faire ses ablutions sans interruption. (Il se peut que l’on interrompe les ablutions pour certaines raisons, on poursuivra après cette interruption  si la peau n’a pas séché ou que l’on a oublié que l’on était en train de faire les ablutions. Dans le cas contraire, on devra reprendre en intégralité. 

         4. Se laver le visage: les limites sont les premières racines de cheveux, la partie avant de l’oreille et le menton). 

         5. Se laver les bras jusqu’aux coudes 

         6. Le passage des mains sur la tête: (msah rass); Doit se faire d’avant en arrière. Les mains doivent toucher tous les cheveux. 

         7. Se laver les pieds jusqu’aux chevilles. 

 

                  1.3 Obligations traditionnelles du prophète (صلى الله عليه و سلم) Assounane 

Elles sont également au nombre de 7

1. Se laver les mains (avant de les introduire dans le récipient). 

         2. Se Rincer la bouche et rejeter l’eau (Lmadmada). 

         3. Faire pénétrer de l’eau dans les narines (Listinchaq). 

         4. Rejeter l’eau des narines (Listintar). 

         5. Passer les mains sur la tête d’arrière en avant: (rad msah rass). 

         6. Passer les doigts à l’intérieur et à l’extérieur des oreilles après avoir retrempé les mains suite au rad msah rass (point précent) 

         7. Respecter l’ordre des obligations (faraïd)

 

                  1.4 Les actes méritoires (moustahabate) 

Ils sont au nombre de 11

         1. Ne pas faire les ablutions dans les toilettes ou plus généralement dans un endroit sale. 

         2. Prononcer au nom de Dieu (Bismillahi rahmani rahim) avant de commencer. 

         3. Utiliser une quantité stricte nécessaire d’eau. 

         4. Commencer toujours par laver le membre droit puis le gauche. 

         5. Placer le récipient d’eau à sa droite. 

         6. Doubler et tripler le lavage des mains, de la bouche, des narines, du visage et des bras 

         7. Respecter l’ordre des obligations traditionnelles (Sounane). 

         8. Respecter l’ordre entre les obligations (faraïd) et les obligations traditionnelles (sounane). 

         9. Siwake : c’est le fait d’utiliser le 3oud al-arak  pour se nettoyer la bouche , à défaut on utilise les doigts pour se frotter les dents pendant lmadmada

10. Commencer le (msah rass) depuis la limite du front. 

11. En se lavant les pieds, faire pénétrer l’eau entre les orteils.

 

                        1.5 Les actes déconseillés (makrou’ate) 

Ils sont au nombre de 9

         1. Faire les ablutions dans un endroit sale. 

         2. Gaspiller l’eau. 

         3. Parler pendant les ablutions. 

         4. Quadrupler le lavage des membres. 

         5. Commencer le visage par le bas, les bras par le coude ou les pieds par les talons. 

         6. Faire les ablutions en montrant les parties intimes. 

         7. Se frotter la nuque. 

         8. Dépasser les limites des membres. 

         9. Laisser une obligation traditionnelle (sounna). 

 

 

                        1.6 Les actes conseillés (mandoubate) 

Ils sont au nombre de 10

Il est conseillé de faire les ablutions pour : 

1. Rendre visite à la tombe du prophète (صلى الله عليه و سلم), à un savant, à un saint ou bien à une personne décédée. 

         2. Visite à homme de pouvoir (chef, président…). 

         3. Lire le Coran. 

         4. Lire des hadiths. 

         5. Étudier la loi islamique. 

         6. Faire le dikr

         7. Avant de dormir. 

         8. Aller faire ses courses. 

         9. Être toujours en état de « pur ». 

         10. Avant chaque prière. 

 

 

                        1.7 Les conditions (Chouroute) 

Elles sont de trois types : 

-      Conditions pour que les ablutions soient acceptées : chouroute saha. 

-      Conditions qui rendent les ablutions obligatoires : chouroute woujoub. 

-      Conditions pour que les ablutions soient acceptées et qui rendent les ablutions obligatoires. 

 

 

Chouroute saha 

 

 

Shouroute woujoub 

  • Être musulman. 

  • Pas d’obstacle entre l’eau et la peau. 

  • Ne pas « casser » les ablutions pendant les ablutions. 

  • L’arrivée de l’heure de la prière. 

  • La puberté. 

  • Avoir la force. 

  • L’abondance de l’eau. 

  • Être sain d’esprit. 

  • Elles ne sont pas acceptées d’une femme qui vient d’accoucher ou qui est en période de menstruations. 

  • Avoir suffisamment d’eau. 

  • S’être endormi ou bien avoir oublié. 

 

 

          

 

 

 

 

 

 

 

                  1.8 Ce qui annule les ablutions (Nawaqid Lodho) 

On en dénombre 16 que l’on classe en deux catégories : 

 

·         Les matières qui souillent : 

1. Lâcher des gaz. 

         2. Les selles. 

         3. Les urines. 

         4. Le liquide prostatique (Al madhy). On doit se laver tout l’organe génital dans le cas de perte de liquide prostatique. 

         5. Le liquide blanchâtre et épais (Al wadhy). 

         6. Le liquide des menstrues. 

         7. Le sperme quand il n’y a pas eu d’orgasme. 

 

·         Les causes 

8. Le sommeil 

Trois cas sont à distinguer; il faut refaire les ablutions dans le cas où le sommeil est lourd. Ce n’est pas nécessaire des les refaire dans le cas où ce sommeil est court et léger. Et dans le cas où il est long et léger, il est préférable de les refaire. 

         9. L’ivresse. 

         10. L’évanouissement. 

         11. La perte de la raison. 

         12. Le toucher de sa femme en ayant l’intention de trouver un plaisir. 

         13. Le baiser voluptueux de sa femme. 

         14. Le toucher de l’organe génital avec l’intérieur de la main. 

         15. L’incertitude. 

         16. La sortie de l’islam. 

 

Remarque : 

·         Quand le baiser n’est pas fait sur la bouche, il est comme un toucher. 

·         Si pendant une prière on doute avoir annulé les ablutions pendant cette prière, alors on doit terminer puis réfléchir si cela s’est vraiment produit, le cas échéant ; il faut reprendre la prière précédée des ablutions bien sûr ! En revanche si le doute concerne le faite d’être rentrer dans la salate pur ou non, alors on doit sortir de cette prière et reprendre. 

 

 

1.9 Les interdits 

Ils sont au nombre de 5

Il est interdit à qui n’a pas fait ses ablutions de : 

1. Faire la prière. 

  2. D’accomplir les circuits rituels du pèlerinage. 

3. De toucher à la main ou par l’intermédiaire d’un autre objet le Coran, sa couverture ou la planchette sur laquelle sont écrits des versets. Mais ceci est permis à qui utilise une partie du livre pour s’en instruire et pour le maître qui la corrige. 

4. Écrire des versets du Coran. 

  5. Porter le Coran. 

 

 

1.10 Remarques à propos des oublis dans l’ablution : 

a) oubli d’une obligation. 

         Deux cas se présentent : 

·         Si on s’en souvient pendant les ablutions ou peu de temps après (c’est-à-dire que la peau n’est pas sèche), on reprend le point oublié et tous ce qui suit. 

·         Si on s’en souvient bien après les ablutions, alors on reprend seulement le point oublié. 

Remarque : 

Si une obligation est laissée consciemment (ce qui n’est pas un oubli !), alors on doit refaire les ablutions entièrement. 

Toutes prières faites avec une ablution incomplète (de ses obligations) sont non valides. 

b) oubli d’une obligation traditionnelle du prophète (صلى الله عليه و سلم

         À n’importe quel moment où l’on se rappelle de l’oubli, on ne refait que ce point. Si on s’en souvient pendant la prière, alors on termine cette prière (qui est valide) puis on reprend le point oublié.



biographie Al-Ghazali

Abou Hamid Mohammed ibn Mohammed al-Ghazâlî (1058-1111), autrefois connu en Occident sous le nom de Algazel (arabe : أَبُو حَامِد الغَزَالِيّ abū ḥāmid al-ġazālīy) est un penseur musulman

 

Personnage emblématique dans la culture musulmane, il évoque le mysticisme le plus soutenu. Al-Ghazali eut une formation philosophique très poussée ; il écrivit un essai tentant de résumer la pensée des grands philosophes musulmans (Al-Kindi, Rhazès, Al-Farabi, Avicenne…). Déçu dans sa recherche d’une vérité philosophique finale, il s’oriente vers un mysticisme profond refusant toute vérité aux philosophes et les accusant d’infidélité. Dans son ouvrage Tahafut al-Falasifa (L’incohérence des philosophes), il montre, par la méthode même des philosophes, qu’il maîtrise du fait de ses études, que les philosophes n’aboutissent qu’à des erreurs, condamnables car contredisant la Révélation. La critique vise principalement l’aristotélisme d’Avicenne. Il sera un siècle plus tard encore critiqué par Averroès.



Omar ibn al-Khattab

 

 

 Abû Hafs ‘Omar ibn al-Khattab ibn Nufayl al-Qurachî al-’Adawî[1], Omar ben al-Khattāb, Omar ou Omar Ier surnommé Al-Fârûq[2] fut un compagnon de Mahomet. Il devint le deuxième calife de l’Islam en succédant à Abû Bakr en 634. Il faisait partie du clan Banu `Ad de la tribu Quraych. Il est mort assassiné le 4 novembre 644[], `Uthman lui a succèdé.

Omar est né à La Mecque après 581[].

Il s’est d’abord opposé aux premiers musulmans. Connu pour son instruction, il était aussi robuste et buveur de vin[].

Au début de l’Islam, il défendait la religion traditionnelle des Quraychites considérée par les musulmans comme de l’idolâtrie. Il participait aux persécutions des musulmans[].

Ibn Ishaq dans son recueil Sirat An-Nabi (La vie du prophète) rapporte qu’Omar s’était décidé à tuer MOUHAMMAD (salalahou alayhi wa salam) en apprenant la conversion de sa sœur et son mari à l’islam. Alors qu’il allait tuer MOUHAMMAD (salalahou alayhi wa salam), un musulman lui dit de mettre d’abord de l’ordre dans sa propre maison. Il fit demi-tour pour retourner chez lui, il y trouva sa sœur en train de réciter le Coran cela le rendit furieux et la frappa. Il s’excusa de cette faute auprès de sa sœur et lui demanda de lire la sourate qu’elle était en train de réciter (Sourate XX, Ta Ha). Il fut si impressionné à la lecture de cette sourate qu’il se rendit chez MOUHAMMAD (salalahou alayhi wa salam) pour se convertir à l’islam (cinq ans avant l’hégire en 617). Depuis ce jour il défendit l’islam et devint l’un des compagnons de MOUHAMMAD (salalahou alayhi wa salam) Son surnom d’Al-Fârûq lui vient de ses charges d’arbitrage, de médiation et d’ambassade au cours de la période préislamique. Ce surnom qui signifie celui qui fait la distinction entre le bien et le mal, la justice et l’injustice lui a été donné par MOUHAMMAD (salalahou alayhi wa salam)



biographie Jounayd

Son origine, sa formation

 Junayd est né à Nihawand en Perse. Très jeune, orphelin de père, il est  recueilli par son oncle maternel, l’éminent soufi Sarî Saqatî.
Comme en l’an
240/854 il  était étudiant à la grande école de Bagdad, et qu’il avait une vingtaine d’années, on présume qu’il serait né en 215/830.
Il étudie le Coran, le hadith et le droit ; devenu un brillant juriste réputé pour son intelligence et son éloquence,  il rend  des sentences dans l’admiration de tous, et particulièrement de son maître Abû Thawr  et  de son ami Ibn Surayj, illustre savant châfi’ite qui ne manqua  pas de s’en inspirer. 

 Suite à cette faste période, il réalise sa vocation spirituelle en devenant le disciple de son oncle et de Hârith Ibn Asad al-Muhâsibî, « Muhâsibî » signifiant littéralement « le comptable » selon le symbolisme traditionnel du commerce qui exige que l’homme doit chaque jour faire « le bilan » de ce qui a été positif ou négatif dans son comportement ainsi qu’évaluer ses « profits et pertes » (mâ lahu wa-mâ ‘alayhi).

 On pourrait s’étonner qu’on puisse avoir plusieurs maîtres et pourtant la pratique était courante  et s’explique  par la multiplicité des « vertus spirituelles » portées par les différents maîtres.  Sarî Saqatî, par exemple, faisait partie des « alh al-wara’ » [les hommes de la piété scrupuleuse] dont l’enseignement a été déterminant dans le comportement austère et ascétique de Junayd et sur sa doctrine « la connaissance de l’Unité ».
Plusieurs autres personnages sont d’ailleurs mentionnés comme ayant été ses maîtres, parmi ceux-ci   : Abû Ja’far nommé al-Qassâb mentionné par Sulami,   Abû’Alî al-Masûhî, compagnon de son oncle et maître de la plupart des disciples de Bagdad, Abû Hamza al-Bazzâz [« al-Bahdâdî »] disciple de Bichr Hâfi et de Saqatî. Versé dans l’exégèse et traditionniste, l’Imâm Ahmad Ibn Hanbal le consultait quand il avait à parler du taçawwuf, Ahmad Ibn Wahb al-Zayyât avec lequel il s’entretenait particulièrement et encore Abû Bakr Ibn Muslim al-Qantarî , ascète notoire. Mais il importe toutefois de relever que parmi ces noms, ceux qui ont exercé le plus grand poids sur sa réalisation spirituelle restent Saqatî et Muhâsibî. 


Sa spiritualité
 

« Dans cette route de la vie, il faut tenir de la main droite le Livre que nous a envoyé le Seigneur et de la main gauche les préceptes traditionnels du Prophète attendu que celui qui marche à la lumière de ces deux lampes ne s’écartera jamais du bon chemin. »

«Cette science qui est nôtre est subordonnée au Livre et à la sunna ; et quiconque n’a pas appris le Coran, n’a pas transcrit la Tradition (hadith) et n’a pas étudié la Loi, ne saurait servir d’exemple.»

 Ainsi parlait et oeuvrait Junayd,  veillant ainsi  à préserver l’équilibre entre l’aspect extérieur et intérieur de l’Islam. C’est pourquoi, il a été agréé par tous les juristes.  Même le sévère  hanbalite Ibn al-Jawzî,  qui n’épargnait généralement pas ses critiques  l’a approuvé et  honoré de la vertu de « rigueur » (jidd)

 Il faut dire que Junayd pratiquait une dure ascèse composée d’exercices de dévotion intense qu’il poursuivit même en grand état de faiblesse, et ce, jusqu’à sa mort.  

  Il montrait ainsi l’exemple de la règle de vie à appliquer (usûl) :

-Jeûner pendant le jour (et il considérait le jeûne comme « la moitié de la foi »
- rester debout (pour prier) pendant la nuit,
- agir avec une sincérité totale (ikhlâs),
-contrôler ses œuvres par une constante vigilance,
-et s’en remettre à Dieu avec confiance (tawakhul) en toute circonstance.

 Il dira : « Nous n’avons pas tiré la science du taçsawwuf des on-dit, mais de la faim, de l’abandon de ce bas monde, et de la rupture avec les  réalités familière et agréables. Le taçawwuf est en effet la pureté de la conduite envers Dieu, elle-même basée sur le détachement du monde selon la parole de Hâritha : « j’ai détaché mon âme de ce monde, veillant la nuit et assoiffé pendant le jour ».


Sa voie

 Les principes de la voie spirituelle de Junayd  se fonde sur la pureté constante au moyen des ablutions,  sur le jeûne, le silence, la retraite, l’invocation continuelle de Dieu et surtout une observation de la vigilance intérieure ; il disait : « j’ai appris l’art de la vigilance en observant une chatte [qui guettait la souris] ». En effet, la caractéristique de sa voie était le « contrôle de l’état spirituel » ou « vigilance intérieure » [murâqabat al-bâtin]. Il eut de nombreux disciples dont le célèbre Al-Hallaj qui malgré la précellence de son maître pour la lucidité « sahw » conséquente de ce contrôle,  restera dans l’ivresse (sukr), ce qui le conduira au gibet.


Ses charismes

 Junayd fut gratifié de charismes (karâmât)  

-         la « firâsa » qui s’appuie sur ce hadith « Prenez garde à l’intuition du croyant, car il regarde avec la lumière de Dieu » et qui constituait l’isnâd  [chaîne de garant] personnel de Junayd correspondant au don particulier qu’il avait reçu.  Il sondait les cœurs et savait ce qui s’était passé et se passait pour chacun de ses disciples, dans les détails,  avant même qu’ils n’en parlent.
-        
la « ru’yâ fî-l-manâm » [vision en songe]. Il eut la vision d’Adam, des anges le rassurant sur sa parfaite sincérité de son enseignement, de celle du Prophète le poussant à instruire les musulmans et l’approuvant sur les réunions nocturnes consacrées au « samâ’ » [audition spirituelle], à la condition de les commencer et de les terminer par la récitation du Coran. Il vit aussi Iblis en état de veille dont voici l’anecdote :

« Junayd, terrorisé lui dit :
« Maudit ! Qu’est-ce donc qui t’a empêché de te prosterner devant Adam ? (Coran II, 34)
O Junayd ! comment peux-tu imaginer que je me serais prosterné devant un autre que Dieu ! »
Junayd conondu par cette réponse s’entendit souffler : « Dis-lui : tu mens ; si tu avais été un serviteur obéissant, tu n’aurais pas transgressé Son ordre ! »

Iblis entendit la voix à l’intérieur de mon cœur, il poussa un cri : « Par dieu, tu m’as brûlé ! » et il disparut
.

Les traces de son œuvre et sa doctrine

 Son enseignement a été recueilli par ses disciples puis diffusées par Sarrâj, Kalâbâdhi, Abû Tâlib Makki, Sulami, Abû Nu’aym et Quchayrî, essentiellement sous forme de sentences, de définitions et de belles oraisons. Quchayrî, quant à lui, a rapporté 200 sentences. Un enseignement plus ésotérique et confidentiel se trouve sous forme de lettres et de traités.

 La doctrine de Junayd est basé sur la connaissance de l’Unicité (tawhîd), laquelle est le but et la finalité de toute vie spirituelle véritable, réservée à ceux que « Dieu s’est choisis pour lui-même » ; elle ne pourra se réaliser que par leur « extinction à eux-mêmes » dans le « retour » à ce qui était leur situation lors du Pacte intemporel (Coran VII, 172) ; cette pérennisation (baqâ’) de l’origine exige un travail profond de purification qui s’avère être une terrible « Epreuve ». Cette épreuve ne signifie pas  forcément des malheurs mais implique le “grand djihad,” c’est-à-dire la lutte entre le  « moi » (nafs) qui tient à subsister et ne veut pas lâcher prise et les forces spirituelles qui doivent triompher.  Et cette victoire ne peut se gagner  sans  «  rompre les liens avec ce que l’on aime, sans laisser de côté ce que l’on sait et ce que l’on ignore » jusqu’à ce que  «  l’Être divin tienne  alors lieu de tout ». Son «  traité du fanâ’ » qui constitue le récit de  son expérience  se trouve être un témoignage  précieux à cet égard.

 Si la voie soutient une vocation spirituelle véritable, elle peut aussi être un piège qui se referme sur  l’âme quand le moi s’enfle au lieu de s’amoindrir. On prend alors pour quête de Dieu, ce qui n’est que la recherche de l’ego, pour une réalisation spirituelle ce qui n’est qu’une illusion du psychisme. C’est une « maladie » bien connu des maîtres et deux traités de Junayd s’intitulent « Remède » (dawâ’) et se réfère au Prophète, médecin des âmes par excellence.   

« Sache que tu es voilé à toi-même par toi-même, et que tu ne parviendras pas à Lui par toi-même, mais que c’est par Lui-même que tu pourras L’atteindre ! » énonce-t-il salutairement..

Et il donnera cette définition du Taçawwuf :
« Le tacawwuf, c’est que l’Etre divin te fasse mourir à toi-même et qu’Il te fasse vivre en Lui »

Sa fin de vie et conclusion

Junayd meurt à Bagdad  en 298 H. /910 (ou 911) en lisant  le Coran. Aimés de tous, soixante mille personnes assisteront à sa mise en terre aux côtés de Sarî Saqatî,  au cimetière de la chûnîziyya.   

 La sainteté éminente de Junayd fut reconnue par tous, même parmi les doctes censeurs. Par la force convaincante de sa connaissance octroyée par Dieu, Sayyid al-Tâ’ifa, de l’accord unanime des musulmans, le nommera :

« Le Seigneur de la Tribu spirituelle ».

Quand Abû Tâlib Makkî dit : « Depuis l’an 300, il n’est plus permis de parler de cette Science qui est la nôtre » et que cette date correspond à celle de la mort de Junayd, il est clair qu’il est perçu comme un des derniers, si ce n’est comme le  dernier représentant de la spiritualité de l’Age d’Or qu’on fait remonter au Prophète (saws).

 L’héritage spirituel de Junayd s’est transmis par les « chaînes initiatiques « silsila » remontant au Prophète (saws)  [1] et la plupart de ces chaînes  passent par lui. Sa méthode spirituelle reste non seulement un modèle majeur du soufisme mais une source d’inspiration ; par exemple, au Maroc, la doctrine religieuse s’y réfère officiellement.



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